La Cigale et la Fourmi

La Cigale et la Fourmi

La Cigale et la Fourmi
Prévoyance et négligence

La Cigale et la Fourmi est la première fable du livre I des Fables de La Fontaine (1668). Jean de La Fontaine reprend une fable d’Ésope (La cigale et les fourmis) et s'abstient d’y mettre une morale claire. Les deux protagonistes ont en effet chacune leurs défauts et leurs qualités mais aucune ne semble prendre le dessus.

Cette absence de morale permet une interprétation subjective du lecteur. On peut ainsi prendre part au côté matérialiste et individualiste de la fourmi (qui peut se nourrir en hiver mais qui est égoïste) ou, au contraire, au côté insouciant, généreux mais négligent (et pauvre) de la cigale. La Fontaine aurait une bienveillance particulière envers cette dernière qui représente tantôt les artistes et tantôt l’aristocratie face aux marchands.

Même si certains comme Rousseau déconseillent de l’apprendre aux enfant de par son interprétation fluctuante, cette fable plait car elle est drôle, vive (lutte verbale en heptasyllabes) et utilise l’anthropomorphisme (les animaux représentent les humains). Tous ces traits permettent d’apprécier le récit et de prendre aisément de la distance.

Il est à noter que la fable n’est pas très réaliste. La cigale ne mange pas de mouches ni de vermisseaux (mais plutôt la sève des plantes) et elle ne vit pas jusqu’à l’été. Il est donc peu probable qu’elle aille crier famine en hiver chez la fourmi car elle est morte. D’ailleurs la fourmi hiberne en hiver, elle n’aurait donc pas été disponible pour répondre à la sonnette.

Version de Jean de La Fontaine (La Cigale et la Fourmi)

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal. »
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien ! Dansez maintenant. »

Version d’Ésope (La cigale et les fourmis)

C’était en hiver ; leur grain étant mouillé, les fourmis le faisaient sécher. Une cigale qui avait faim leur demanda de quoi manger. Les fourmis lui dirent : « Pourquoi, pendant l’été, n’amassais-tu pas, toi aussi, des provisions ? — Je n’en avais pas le temps, répondit la cigale : je chantais mélodieusement. » Les fourmis lui rirent au nez : « Eh bien ! dirent-elles, si tu chantais en été, danse en hiver. »

Cette fable montre qu’en toute affaire il faut se garder de la négligence, si l’on veut éviter le chagrin et le danger.

Écrit par Maxou (10/05/2020)
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