Le Loup et l'Agneau

Le Loup et l'Agneau

Le Loup et l'Agneau
La loi du plus fort

Le Loup et l'Agneau est la dixième fable du Livre I des Fables de Jean de la Fontaine. Toujours inspiré des fables d'Ésope, ce récit nous informe plus qu'elle ne nous convainc. La Fontaine ne cherche pas à nous argumenter quelque chose pendant des heures, juste à nous exprimer quelque-chose d'inéluctable et contre lequel on ne peut lutter : la loi du plus fort est toujours la meilleure. Peut-être que bien des grands frères (cf Reese dans Malcolm) hocheront la tête en lisant ceci et se delecteront également de la fable qui suit.

À l'instar du Lièvre et la Tortue, la morale se trouve au début du récit. Cela incite le lecteur à lire la fable. On veut savoir pourquoi la loi du plus fort est toujours la meilleure. N'y a-t-il pas possibilité d'en réchapper pour le pauvre agneau ? On espère tout le long du récit que l'agneau pourra s'en sortir mais cette fable est tout aussi claire que violente. Non, il ne survivera pas. La vie, c'est comme ça aussi. Et même si l'on en vient à prendre partie pour l'agneau qui a de la verve et une bonne répartie, cela n'est malheureusement pas suffisant quand on est face à de grandes dents.

Version de Jean de La Fontaine (Le Loup et l'Agneau)

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
"Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
— Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
— Je n'en ai point.
— C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Version d'Ésope (Le Loup et l'Agneau)

Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C’est pourquoi, bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire. L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant à l’aval, il ne pouvait troubler l’eau à l’amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : "Mais l’an passé tu as insulté mon père. — Je n’étais pas même né à cette époque," répondit l’agneau. Alors le loup reprit : "Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t’en mangerai pas moins."

Écrit par Maxou (09/11/2021)
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